Table d'action contre l'appauvrissement de l'Estrie

Travail précaire

6. Les causes structurelles
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6.5 Travail atypique

Au Québec, près de deux emplois sur cinq, soit 37 %, sont considérés comme «précaires», c'est-à-dire à temps partiel, temporaire, contractuel ou travail autonome. Les personnes qui occupent ces emplois précaires ont peu de chances d'avoir accès à un régime complémentaire d'assurance-maladie et de soins dentaires ou à un régime de retraite. On assiste à la perte massive d'emplois bien rémunérés dans le secteur manufacturier et au même moment, le nombre d'agences de placement temporaire est passé de 1 300 au début des années 1990 à 4 200 en 2004.1

La recrudescence du travail atypique a plus que doublé entre 1976 et 2001. Le recours aux emplois atypiques prive entre 313 000 et 376 000 travailleurs (toujours au Québec) de la protection et des avantages auxquels ils auraient droit. L’existence des travailleurs pauvres contredit le discours selon lequel l’emploi est le principal mécanisme de redistribution de la richesse et elle infirme la croyance que la pauvreté ne peut résulter que du non-travail. (Quand le travail n’empêche plus d’être pauvre!)2

6.5.1 Salaire minimum insuffisant
« Le salaire minimum, dans toutes les provinces et Territoires, est sous le seuil de pauvreté et est insuffisant pour permettre aux travailleurs et à leurs familles de jouir d’un niveau de vie décent. » 3 Rapport 2006 du Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies.

Avec un taux horaire de 8,50$ l’heure, la personne au salaire minimum qui travaille 40 heures par semaine recevra un salaire annuel de 17 680$, soit près de 20% sous le seuil de faible revenu établi par Statistique Canada. Le Comité des droits sociaux, économiques et culturels de l’ONU a d’ailleurs blâmé le Québec sur cette question et a incité le gouvernement à apporter les correctifs nécessaires.4

De 1979 à 1998, le salaire minimum a augmenté de 98% alors que le coût de la vie a crû de 127%. Conclusion : Le travail salarié ne protège plus contre la pauvreté. Les travailleurs sous-scolarisés, les femmes chefs de familles monoparentales, les jeunes et les immigrants sont les plus touchés par cet effritement des salaires qui n’épargne aucun pays occidental. (Quand le travail n’empêche plus d’être pauvre!, 2006)5

Selon Esther Paquette, un revenu annuel au salaire minimum n’exclut pas le recours aux banques alimentaires. 6 

  • 547 000 personnes travaillaient donc au salaire minimum l’an dernier, ce qui représente environ 4% de la main d’œuvre rémunérée.

  • Outre les femmes, on trouvait plus de jeunes, d’étudiants et d’employés à temps partiel parmi les travailleurs au salaire minimum ou inférieur à celui-ci.

  • Quelque 27 000 chefs de famille sans conjoint travaillaient au salaire minimum ou moindre. Ce qui représente 5% de l’ensemble des travailleurs au salaire minimum.

  • Selon l'institut de la statistique du Québec pour l'année 2007, il y avait 177 800 personnes travaillant salaire minimum au Québec.6-1

Pour combattre la pauvreté, le Bureau international du travail (BIT) recommande d’augmenter les salaires minimums. «Dans le contexte actuel, il faut protéger le pouvoir d’achat et stimuler ainsi la consommation», argumente les auteurs du rapport du BIT. «Le salaire minimum et la négociation salariale doivent être complétés par une intervention publique à travers, par exemple, des mesures de soutien au revenu des ménages».7

6.5.2 Temps partiel
Le travail à temps partiel constitue une part non négligeable de ce qu’il est convenu d’appeler le travail atypique. En fait, environ 12 % de la population active travaille à temps partiel.8

  • Le travail à temps partiel a augmenté de 524% depuis une vingtaine d’année.9

6.5.3 Temporaire

6.5.4 Contractuel

6.5.5 Travail autonome

  • Entre 1989 et 1996, 75% des emplois créés étaient du travail autonome.10

  • Le risque de pauvreté est de 24% chez les travailleurs autonomes (moins de 14 126$).11

1 CAMPAGNE 2000 « Il faut une nation pour éduquer une génération », Rapport 2007 sur la pauvreté des enfants et des familles au Canada, 2007

2 Pierre Joseph en collaboration avec Pierre, Alfred; Jean, Robert et Nombre « Quand le travail n’empêche plus d’être pauvre», Montréal, mars 2006.

3 SHIELDS, Alexandre « L’ONU sermonne le Canada pour sa mollesse dans la lutte à la pauvreté » Le Devoir, 23/05/2006 A3

4 SANTERRE, Pierre-Yves et TREMBLAY, Sandy « Les pauvres oubliés : les travailleurs », La Tribune, 08/12/2008, p.18

5 MYLES, Brian « 40% des travailleurs montréalais gagnent moins de 20 000$ », Le Devoir, 02/05/2006, A1

6 PRESSE CANADIENNE, « Les seuils haussés » La presse, 14/12/2008.

6-1 JACQUES, Louis-Alexandre «C’est quand même difficile d’arriver» Canoë infos, 01/05/2008

7 AGENCE France-PRESSE «Les salaires réels baisseront dans les pays industrialisés» Le Devoir, 26/11/2008

8 BERNIER, Jean « Le malheur des uns » La Presse, 13/11/2004

9 DUBÉ, Catherine, Bienvenue dans mon cauchemar », La Gazette des Femmes, Québec, mai-juin 2000, p. 16

10 MALAVOY, Sophie, « Pauvreté, la dérive », La Gazette des femmes, mars-avril 2000, p. 21.

11 BERGER, François « 1,5 million de Québécois sauvés de la pauvreté par l’État-proficence » La Tribune, 25/09/2006 p32.


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