Retour sur la conférence de presse d’urgence sur le logement

De gauche à droite: François Danis intervenant au Tremplin; Rosalie Dupont, Coordonnatrice de la TACAE; TeeMoon travailleuse de rue dans le Val-Saint-François; Marie-Danielle Larocque et Laurence Morin de CAFE; Mario Mercier de l'ALS et Jean-Philippe Benjamin du comité régional pour un Québec sans pauvreté.

1er juillet, jour de déménagement et synonyme d’angoisse pour trop de locataires. La veille, une conférence de presse pour dénoncer l’inaction en matière de logement et pour (une fois de plus!) mettre de l’avant nos revendications a été organisée par le Comité Régional Estrien pour un Québec sans pauvreté.

 

Plusieurs groupes communautaires ont pris la parole: Mario Mercier, de l’Association des Locataires de Sherbrooke, François Danis du Tremplin, TeeMoon de la Maison de la famille Les Arbrisseaux, Laurence Morin et Marie-Danielle Larocque de ConcertAction Femmes Estrie et Rosalie Dupont de la Table d’action contre l’appauvrissement de l’Estrie, sans oublier notre hôte Jean-Philippe Benjamin, du Comité Régional. Nous aimerions remercier toutes et tous de votre participation!

 

Voici le texte de notre communiqué de presse:

 

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Le logement en Estrie : différentes réalités, une seule crise

 

L’heure est grave pour les locataires. À l’aube du premier juillet, trop de locataires se retrouvent à la rue, ou dans l’obligation de louer des logements trop chers pour leurs moyens, insalubres, inadaptés et non sécuritaires! Cette situation pousse et maintient de plus en plus de personnes dans la pauvreté et la précarité. Elles doivent faire des choix déchirants chaque mois : payer le loyer ou manger à leur faim.

 

Le milieu communautaire est en première ligne de cette crise, et ce partout en Estrie. Mario Mercier, porte-parole de l’Association des Locataires de Sherbrooke, affirme « La crise du logement est hors de contrôle. Le gouvernement du Québec refile l’essentiel de la facture aux villes. Pendant que les villes et le gouvernement du Québec y voient des chiffres, nous y voyons des drames humains. »

 

Pour sa part, Teemoon, travailleur.euse de rue dans la MRC du Val-St-François pour la Maison de la famille les Arbrisseaux, déclare que « pour avoir accès à certains services, il faut une adresse et pour avoir une adresse, il faut les services. Sans oublier les autres qui tombent entre deux chaises. J’écoute pleurer ‘’en attendant que ça se place’’. »

 

Comparativement aux besoins nommés sur le terrain, les investissements pour le logement social ont été largement insuffisants, voire quasi inexistants et ce, depuis des décennies. Cela provoque le retard ou l’annulation de la construction d’unités de logement plutôt que de la favoriser.

 

Les solutions doivent passer par une réévaluation des valeurs sur lesquelles nos choix politiques sont basés. Jean-Philippe Benjamin, de la Table d’Action Contre l’Appauvrissement de l’Estrie, souligne que « dans la vaste majorité des OMH de l’Estrie, les demandes de logements ont explosé ! Une bonne partie de leurs listes d’attente ont vu leur nombre doubler en l’espace de 6 mois seulement. »

 

Le résultat? Un marché privé de plus en plus fort aux dépens des locataires les plus précaires. Pendant qu’une infime minorité en a profité pour s’en mettre plein les poches, de plus en plus de personnes se sont retrouvées dans une précarité encore plus grande.

François Danis, porte-parole du Tremplin, insiste : « Il faut cesser de voir le logement comme une marchandise permettant à des citoyens de s’enrichir au dépend d’autres citoyens: le logement est un droit fondamental pour toutes et tous. »

 

Cette situation difficile l’est encore plus pour certaines personnes. Laurence Morin, de ConcertAction Femmes Estrie (CAFE) dénonce : « La crise du logement affecte dramatiquement la santé physique et mentale des femmes. Le manque de logements sociaux, financièrement abordables, sécuritaires et accessibles intensifie leur pauvreté et les violences desquelles elles sont davantage victimes. C’est particulièrement le cas pour celles discriminées à plusieurs niveaux, comme les femmes en situation de handicap, les femmes trans ou celles que la société racise. »

 

Comme solutions face à ces constats, les gouvernements annoncent des milliards de dollars investis dans des programmes subventionnant majoritairement le logement privé. Pourtant, cette crise du logement est le résultat de la trop grande place laissée à ce marché privé. Il est absurde de penser que la solution pour la régler est la même que celle qui l’a causée. Ne soyons pas dupes : le but du privé est le profit et non le bien commun!

 

Il est plus que temps de repenser collectivement notre manière de se loger, d’habiter nos régions et, surtout, d’assurer le respect du droit au logement pour tout le monde, le droit à un lieu où l’on puisse vivre en sécurité, dans la paix et la dignité.

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